haie charme commun

Charme (arbre) : on vous en dit plus

Le charme commun est un des arbres originaires de nos régions et dont on apprécie encore et toujours la présence dans nos jardins et campagnes. Au-delà de son esthétique, il possède aussi une utilité certaine ! Et comme certaines espèces d’arbres, le charme a également réussi a se faire une place dans la langue française (dans l’expression « se porter comme un charme. » Preuve, s’il en faut de sa longue histoire en France

Nom CommunCharme
Nom scientifiqueCarpinus betulus
OrigineAsie mineure, Europe
Hauteur4 à 6 mètres, 25 mètres à maturité
Largeur7 mètres
Période de floraisonAvril – mai
Récolte des fruitsPas de récolte – chute des fruits en septembre
Couleurs des fleursJaune vert
Type de feuillageCaducée

Présentation du charme

L’arbre que l’on nomme le charme porte également d’autres noms. Charme commun, bois de fer ou encore charme faux bouleau, et charme fastigié. Son nom latin est carpinus betulus et ne prête à aucune confusion quand on vient à en parler.

Sa région d’origine est l’Europe et l’Asie mineure et son climat tempéré. Mais on en retrouve un peu partout dans le monde. Sa présence sur nos territoires remonte aussi loin que l’Antiquité, où on atteste déjà de son utilisation. Le terme latin provient d’ailleurs du celtique et ne signifie rien d’autre que bois. L’utilisation de son bois est d’ailleurs très variée. En ces temps, il servait à fabriquer des outils agricoles pour travailler.

Son intérêt, à l’époque et encore aujourd’hui, c’est que le charme commun apprécie l’ombre et n’a donc pas besoin de soleil pour croître. Ou plutôt, il en a besoin, mais pas énormément. De ce fait, il pousse en forêt sous les feuilles d’autres espèces, comme le chêne et le hêtre, qui ont besoin de plus de soleil. Cependant, une fois adulte, le charme dépasse ces autres espèces en taille.

Actuellement, le charme commun est principalement utilisé pour l’agrément des villes et des rues. On le retrouve ainsi sur les boulevards et dans les parcs. A certaines occasions, on le plante en charmille, c’est-à-dire une colonie de charme. On peut alors lui donner la forme souhaitée et améliorer l’esthétique.

Le charme apprécie l’ombre. De quoi étoffer le bas d’un bosquet

Comment multiplier un charme commun ?

Il existe diverses façons pour reproduire un charme. La plus simple est probablement d’acheter un sujet à planter dans une pépinière. Ce type d’arbre n’est pas trop cher et permet de gagner une à deux saisons de croissance.

Cependant, pour ceux qui souhaite le faire eux-mêmes, il est tout à fait possible de le faire par bouturage et par marcottage. Le semis est une autre solution, mais elle est beaucoup moins commune.

Cette dernière solution revient simplement à planter des graines dans un mélange terre et terreau à 50 % et bien arrosé. Au bout de quelques semaines, les jeunes pousses apparaissent. Toutefois, l’arbre acceptant facilement le marcottage, c’est cette solution qui est souvent privilégiée.

Le marcottage aérien, c’est le fait de tirer une branche aérienne dans le sol sans la rompre. Ainsi, l’arbre continue de nourrir ladite branche. Cependant, avant de l’enterrer, il faut enlever un morceau d’écorce. Dans le sol, la partie à nue va cicatriser et s’enraciner. Une fois que l’enracinement est bien présent, il suffit alors de coupe la tige qui relie les nouvelles racines à l’arbre-mère. Ce type de pratique est très pratique, car elle permet aisément de dédoubler son charme d’année en année.

Quant au bouturage, il faudra une tige de moins de 2 centimètres de diamètre avec une coupe qui évite de boucher les canaux de sève. Il faudra également utiliser un mélange spécialement conçu pour le bouturage et qui apporte les éléments nécessaires à l’enracinement de la tige !

Planter un charme commun dans son jardin

Planter un charme n’a rien de compliqué. Pour celui qui possède déjà un plant, il faudra creuser un trou avant de le planter. D’une quarantaine de centimètres de profondeur.

Le charme commun est un arbre qui apprécie l’ombre. On pourrait presque dire qu’il fuit le soleil. En effet, là où les hommes ont coupé les grands arbres qui le protègent dans les forêts, le charme a une tendance naturelle à disparaître.  Pour cette raison, il faut le planter avec une orientation Nord ou Nord-Est de préférence. Une autre option est de le planter à l’ombre d’un sujet plus grand si c’est possible. L’ombre apportée lui permettra alors de se développer correctement. Cette option est idéale pour ceux qui possèdent de grands arbres et qui veulent étoffer la partie basse par des végétaux.

Le charme apprécie également les sols riches et bien drainés comme on peut en trouver dans nos régions. Le sol de prédilection du carpinus est argilo-calcaire. Le sol doit être drainant pour éviter qu’il ne soit trop humide à sa base. Au cas où le sol pour le planter est trop pauvre, il faut utiliser des matières pour l’enrichir comme du terreau, du compost ou encore du fumier si on n’a pas peur des odeurs. Cela suppléera à l’absence d’humus.

Enfin, il faut savoir que le charme possède un système racinaire très superficiel. Et donc très visible. Il a tendance à partir dans toutes les directions à fleur de terre. Elles sont traçantes. Cela peut représenter un désagrément pour celui qui apprécie les belles pelouses. Aucun risque par ailleurs de dégradation matérielle à une terrasse ou une habitation. Pour autant, l’arbre est solidement accroché au sol grâce à une racine principale qui descend en profondeur. Cette dernière peut représenter un danger pour d’éventuelles canalisations souterraines.

Une des applications du charme est la création de charmilles

Les fleurs du charme pyramidal

Les fleurs du charme se regroupent en inflorescences. Des sortes de chaton pyramidal que l’on voit pendre aux branches, par grappe.

On dit du charme qu’il est monoïque. Autrement dit, ses fleurs sont aussi bien femelles que mâles. Pour autant, sur un même chaton, on ne retrouve que des fleurs femelles ou que des fleurs mâles. Les deux sont cependant visibles sur l’arbre. La différence est visible grâce aux couleurs. Les fleurs femelles tirent vers le vert. Les fleurs mâles ont une couleur jaunâtre. Cette double coloration fait tout le charme (c’est le cas de le dire) de cette floraison. Cette dernière a lieu au printemps sur plusieurs semaines, voire mois !

On peut également reconnaître les fleurs mâles des femelles en les observant à l’œil nu. Les mâles ne possèdent que des étamines, entre 10 et 20. Tandis que les fleurs femelles possèdent un pistil avec un ovaire et un calice.

Ces grappes de fleurs vont se transformer ensuite en fruits, des akènes ligneux.

Les fruits du charme

Le fruit du charme est reconnaissable entre mille. Il s’agit d’un akène, ou achène, attaché à une feuille. Il se développe à la suite de la floraison, également en grappe.

Le fruit se compose de deux parties. D’un côté, il y a une sorte de petite noix, de petite fève. Elle est protégée dans une calotte végétale. C’est à proprement parler la graine qui permettra la pousse d’un nouveau plant de charme. D’un autre côté, il y a une bactrée en forme de feuille. Elle est similaire à une voile ou une aile de papillon et en a la même utilité.

En effet, le fruit du charme n’étant pas comestible, ni par l’homme ni par les animaux (oiseaux, etc.), le charme a dû trouver dans son évolution un autre moyen de se reproduire.

Cette bactrée permet à la graine de se déplacer grâce au vent. Par cette méthode, les graines du charme se disséminent dans l’environnement alentours. De là, et sans concurrence pour la plante mère, les jeunes pousses peuvent grandir et s’épanouir.

Les fruits arrivent à maturité en septembre avec une dissémination dans la foulée.

Les fruits du charme ne sont pas comestibles, mais on lui trouve une utilité dans des tisanes aux propriétés astringentes

Les bienfaits du charme

Aujourd’hui, le charme est principalement utilisé pour son aspect décoratif. Seul ou en charmille quand on veut en faire une haie. Une utilisation très secondaire en est faite pour du bois de chauffage, la production de manches d’outils, etc. Pourtant, son bois avait cette utilisation première pendant des siècles. Produire des outils, créer des clôtures pour les bêtes, voire des remparts, etc. Pourtant, il trouvait son utilité en médecine traditionnelle :

  • Comme le chêne, son écorce est utilisée en tisane. La tisane possède des propriétés astringentes issues des tanins de l’écorce de charme.
  • Enfin, en médecine traditionnelle, on utilise des bourgeons macérés pour créer un macérat glycériné. Sorte de mélange d’eau, d’alcool et de bourgeons. Son but est de soigner les muqueuses. Son utilisation la plus fréquente est contre les congestions nasales chroniques.

L’entretien de son charme dans haie

Le charme commun est d’un entretien très facile, ce qu’on peut apprécier quand on n’a pas beaucoup de temps à consacrer au jardinage. Qui plus est le charme accepte très bien les tailles sévères et s’en remet facilement, ce qui apporte encore à cette facilité. Surtout qu’il accepte toutes les formes et s’adaptent aux tailles.

Un charme adulte peut atteindre 25 mètres de haut. Cependant, quand il est utilisé comme ornement dans un jardin, on le laisse rarement monter aussi haut. Dans une charmille également, on maintient sa taille relativement basse pour gagner en agrément et en plaisir visuel.

La taille d’un charme, comme de la plupart des arbres, doit s’effectuer durant l’hiver lorsque la végétation est au repos. Ainsi, l’arbre peut repartir sur des bases saines quand vient l’été. Parmi les branches que l’on peut, et doit, tailler, il y a celles qui s’entrecroisent. Ensuite, il y a des branches « gourmandes », ce sont celles qui filent vers le haut. Il faut les couper pour empêcher l’arbre de prendre trop de taille.

Lorsque le charme est utilisé dans une haie, la taille doit s’effectuer de façon à ce que la haie garde une forme. Pour bien faire, il faut déjà que chaque pied soit espacé de 1 mètre pour laisser la place à chaque arbre. Ici aussi, la taille se fait en hiver afin de modeler la forme que prendra l’arbre avec le printemps. Une taille secondaire peut se faire (c’est possible) à la fin de l’été. Ici, pas de coupe sévère, mais plutôt l’enlèvement des branches secondaires et latérales. Cela incite l’arbre à se concentrer sur les autres, celles qui sont bien visibles pour l’œil humain.

Une haie de charme est vraiment belle et touffue quand elle est entretenue

Les risques pour cet arbre

Le charme peut souffrir de plusieurs maladies. Etant présent sous nos latitudes depuis longtemps, il s’est acclimaté et est donc la proie de plus de parasites que des espèces plus « exotiques. »

L’un des plus grands ennemis du charme n’est autre que le soleil. Ce n’est pas un secret, le charme apprécie l’ombre. Un trop plein de lumière, en particulier le soleil d’été peut le dessécher et le faire mourir. Le manque d’eau est un autre risque pour le charme. Grand buveur, il aime avoir un sol humide (mais pas trop) et de l’eau en suffisance. Les étés chauds et le manque de pluie en hiver ces dernières années a tendance à leur rendre la vie plus difficile. Les symptômes d’un manque d’eau et de trop de chaleur sont le jaunissement des feuilles, des feuilles séchées et une croissance quasi nulle de l’arbre. Seuls remèdes, de l’eau grâce à un arrosage plus fréquent et une mise à l’ombre de l’arbre si possible.

La chlorose est une maladie liée au sol. Quand le pH de ce dernier est supérieur à 8, cela signifie que le sol contient trop de carbonate de calcium. Pour le charme, cela signifie une croissance moins forte, mais aussi un feuillage qui jaunit. Cela n’a rien à voir avec la pollution, le charme y résiste d’ailleurs très bien, ni avec la qualité du sol. C’est une question de sol acide ou alcalin, un paramètre très compliqué, sinon impossible, à changer.

Quant aux parasites, il y en a un qui aime particulièrement le charme. Il s’agit de l’Eriophyes macrotrichus. Les acariens phytoptes. Leur présence se remarque de par l’aspect qu’ils donnent aux feuilles. Ce parasite colonise un arbre en hiver, quand les bourgeons sont fermés. Lorsqu’ils éclatent et libèrent les feuilles, les acariens peuvent se répandre dessus. Ils se nourrissent de la sève de l’arbre et injecte une substance toxique là où ils se nourrissent. L’œil peut voir ces endroits, car ils se boursouflent de façon similaire à la galle. On peut le traiter avec du soufre micronisé ou de l’huile paraffinique. Cela n’éradique pas l’acarien, mais diminue sa présence.

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